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 In darkness ~

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 ₰ Demi-Déesse
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Identité du personnage
Prénom du personnage: Muna
Métier: xx
Caractéristiques et relations:
MessageSujet: In darkness ~   Sam 16 Juin - 15:23

Noir d'encre


Une petite fille aux cheveux noirs errait dans les ruelles sinueuses d’Astelonic. Parfois, un animal ressemblant à un chat noir passait, ses yeux globuleux tournés vers Muna. Celle-ci n’avait pas peur. Ce sentiment lui était en fait pratiquement inconnu. Elle n’avait jamais connu la peur, celle qui fait faire l’impossible, celle qui pousse les soldats sur les chantiers de guerre à tuer, celle qui nous pousse à faire des actes que l'on regrette. Certaines de ses émotions s’étaient perdues à jamais. Son âme avait comme un trou noir. Une partie de sa mémoire avait été touchée. Mais de toute façon, à huit ans, on ne se souvient pas de grand chose. Les rues de la ville noire étaient mal éclairées. Les maisons se tenaient dans des positions bizarres : les unes semblaient avoir été construite comme la Tour de Pise sur Terre, quant aux autres, on avait l’impression qu’elles allaient s’effondrer à tout instant. Muna pouvait « capter » les âmes, les émotions des personnes. Dans une des maisons, elle sentait des émotions violentes, comme la peur, la rage. Dans une autre, une petite maison aux rideaux verts, elle sentait une sérénité, un havre de calme. L’estomac de Muna commençait à se manifester. Lorsqu’elle tourna au coin de la rue, son estomac rugissait tant et si bien, qu’elle se mit à chercher de quoi se nourrir. Ainsi, dans un petit bar perdu au milieu des innombrables maisons, une petite fille de huit ans aux vêtements rapiécés, à la tête haute, aux yeux noirs, fit son entrée. Le barman haussa un sourcil. Il posa son mudor sur la table. Les voix chuchotèrent.
« Lian Savral [Je mange.]» dit Muna en posant quelques pièces volées sur la table. La pièce entière fut surprise de sa voix rauque. Il faut dire que Muna ne parlait que très peu. Le barman acquiesça. Que voulez-vous, on ne refuse pas d’argent lorsqu’on a si peu de clients.
Bientôt un potage bouillant lui fut servi. Elle remercia d'un hochement de tête le patron, et s'assit à une table vide. Sales, les tables empestaient et Muna resta debout. De toute façon, cela ne la gênait pas, pourvu qu'on ne lui vôlat pas le potage. Elle balaya la salle du regard. Une dizaine de tables étaient éparpillées, et quelques lampions mal montés vacillaient au plafond. Les murs étaient en pierres et en bois, et les fenêtres en Zvlaak. Le tout produisant un effet tinté de vert clair. Cela aurait pu être joli. C'était totalement le contraire. On avait droit à une ambiance lugubre, sinistre, malveillante même. Mais pour Muna, rien de cela n'importait. Elle scannait déjà les ouvertures, comme elle le fait à chaque fois, pour plannifier une sortie de secours. Elle était rusée, la Muna.
Les clients, eux, étaient peu nombreux. Deux hommes, un petit gros et un grand mince autour d'une table, semblaient discuter affaires. Muna était sûre d'avoir entendu le mot "esclave" sortir de la bouche du petit gros. Elle haussa les épaules. Il ne fallait pas s'en surprendre. Astelonic est une des rares villes esclavagistes. Puis, sur une table à côté, quelqu'un était assis. Une jeune femme. C'étaient les seuls clients du bar.
Muna s'apprêtait à partir lorsque, soudain, le grand mince se leva. En fait, la petite fille s'y attendait. Elle avait capté, quelques secondes plus tôt, une nervosité inhabituelle chez l'homme. Elle ne lui prêta aucune attention et s'engagea vers la sortie. Le petit gros l'en empêcha, et se plaça devant Muna. Il ricana.
[En Khell'Antar] "Hin hin, tu croyais t'échapper, hein ?"
Muna n'avait pas vraiment peur, mais elle devenait petit à petit anxieuse. Et si, cette fois-ci, elle ne trouvait pas le moyen de s'échapper ? Elle chassa cette idée de son esprit.
Le grand maigre s'interposa à son tour.
"Bien, tu feras un très bon esclave. Tu ne parles très peu, et ne risque en aucun cas de faire remuer des idées chez tes collègues. Bien, bien."
Muna, avec l'agilité incroyable d'un animal, sauta d'une table à l'autre pour rejoindre la fenêtre ouverte. Surprise, elle constata qu'elle s'était mal jugée, et qu'elle ne pourrait pas s'échapper par là, l'ouverture étant trop petite. Alors démarra une course poursuite. Muna sautait et faisait des pirouttes, tandis que, tant bien que mal, les deux hommes essayaient de la rattraper. La petite fille, de temps en temps, utilisait de la magie pour assommer les deux hommes, mais cela usait beaucoup de son énergie, et elle préféra ne pas interférer avec celle-ci.
Le patron du bar, au début intéressé par ce petit amusement qui lui était quotidien, trouva même hilarant le petit singe qui s'agitait pour fuir ses prédateurs. Il aida ceux-ci.
Et que peut faire une petite fille de huit ans contre trois gros barbares ? La réponse est simple : pas grand chose. Muna commençait à se fatiguer. En vain, elle fit un assaut vers la porte. C'est alors que le patron l'attrapa par la jambe.
"Tu ne vas nulle part, ma petite."
Se sentant vaincue, la jeune Maori fronça les sourcils. Son histoire ne pouvait pas se terminer là. Elle mordit la main du patron, qui hurla. Alors, elle fit bond vers la porte, l'ouvrit, quand la main du petit gros l'attrapa violemment.
"C'est fini pour toi."
Et un foulard fut placé autour de sa tête. Suffoquant à moitié, elle fut plongée dans le noir complet. Puis, une odeur se répandait. Non. Cela ne pouvait pas être de la chloroforme. Les monstres. Comment ont-ils fait pour en chercher sur Terre ? Elle avait donc affaire à des contrebandiers. Muna sentit sa tête vaciller et ses jambes perdre leurs forces. Ses yeux se fermaient. La quantité de chloroforme devait être très grande.
Puis, le noir.


[Fiche faite par Azusa sur World of Codes. Merci à toi !]

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Dernière édition par Muna le Jeu 21 Juin - 11:33, édité 1 fois
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 ₰ Demi-Déesse
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Identité du personnage
Prénom du personnage: Akeza
Métier: Princesse Héritière de la Planète Khell' Anta
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MessageSujet: Re: In darkness ~   Mer 20 Juin - 10:25




La souffrance ressemble étrangement à la folie.Peut-être parce que la folie est la continuité de la douleur, ou son début. Dans tous les cas, c'est la même sensation de torture mentale. La fin.

    Comme la mort. Un cri. Un hurlement, étouffé par un autre. Une haine, un feu ravageur. Une fureur noire. Un râle. La mort. La souffrance. La torture. Elle hurla, mis son poing à la bouche, afin d'étouffer le bruit. Un goût acre, amer. Le sang. L'odeur de sel et de rouille lui assaillit les narines. Lorsqu'elle posa les yeux sur sa main, elle se rendit compte avec horreur que dans sa souffrance, elle s'était mordu avec une rage féroce, comme pour reporter la douleur sur quelqu'un d'autre. Elle suffoquait. Non Non Non ! Elle y repensait, et elle implosait. Des larmes noires coulaient de ses yeux, longeaient son visage, pour finir par se briser sur le sol, en millier de gouttes de cristal sombre. A chaque larme qui touchait le sol, c'était un nouveau coup de couteau dans la plaie, un nouveau rêve brisé. A chaque goutte qui quittait son œil, c'était son âme qui quittait son corps. La douleur était atroce, insupportable. C'était au-delà de l'imaginable. C'était pire que la mort. Bien bien pire que la mort. La morte est douce, tranquille. La mort est comme un repos que l'on prend, un sommeil paisible, après des années de torture. La mort est un soulagement, une délivrance. Elle n'aurait pas le bonheur de se reposer. Elle ne mourrait jamais. Une musique s'éleva dans le ciel, et à chaque note aiguë, elle hurlait. Recroquevillée sur le sol, elle avait perdu toute humanité. Ce n'était plus une enfant, c'était un corps qui avait perdu son âme. Un cadavre qui refusait de quitter ce monde, retenu par une force invisible. L'enfant ferma les yeux, espérant sombrer dans l'inconscience, mais sans arrêt, elle revoyait les mêmes images. Elle prit trente années d'un coup. La voilà devenue une femme. Elle était toujours allongée sur le sol glacé, au même endroit. Il était la même heure, le même jour. Mais entre temps, les années s'étaient écoulées. Et elle elle souffrait. C'était atroce. Dans sa tête, des voix hurlaient, la torturaient mentalement. La musique qu'elle entendait s'emparait d'elle, et la trimballait dans tous les sens, comme si elle n'était qu'une pauvre petite poupée de chiffon, malmenée par son maître gâté. Une longue plainte déchira le silence de la nuit, et se prolongea jusqu'au petit matin. De sombres nuages recouvraient le ciel, empêchant l'astre du jour d'éclairer le monde. La ville était plongée dans un épais brouillard, et les notes continuaient, dangereuses, elles étaient des lames, que l'on enfonçait dans les plaies de la femme. Puis soudain, la mélodie changea. De souffrance à vengeance. La jeune femme se releva avec difficulté, comme un mort qui renait. Elle observa son reflet, dans une marre de sang lisse comme un miroir. Elle n'était plus une femme. Elle était une machine à tuer. Et son heure était à la vengeance. Ses yeux étaient sombres, mauvais, cruels. Elle était belle. Non, elle était sublime. De cette beauté froide, parfaite, comme une rose noire, qui en dévoile ses épines qu'au dernier moment. Elle n'avait pas de pitié, pas d'âme. Elle n'avait que son apparence et son caractère, pour tromper et manipuler, que ses poignards pour tuer. Elle était seule. Elle releva la tête, et une flamme nouvelle brilla dans ses prunelles glacées. C'était plus fort que la haine. Tuer ne suffirait pas ... Elle allait retrouver le coupable. Et elle allait se nourrir de sa souffrance, comme il s'était nourrit de son sang, de son âme. Elle allait le torturer. Un sourire cruel vint se peindre sur son visage froid. Elle rabattit sa capuche sur sa tête, et disparu dans les ruelles obscures. L'assassin s'était mis en route. Et bientôt, son chemin serait jonchée de morts. Ce n'était plus qu'une question de temps.


    Après la douleur vient la nostalgie. C'est la même souffrance, mais sous une autre forme. Ce n'est plus la folie meurtrière vous déchire de l'intérieur, c'est la mort à petit feu. Lente, atroce, elle est plus douce et plus paisible. Plus dangereuse. Car elle devient une drogue. On s'y habitue, on s'y attache. Et cette douleur reste la dernière chose à laquelle on se raccroche, comme un port. Mais un port qui au lieu de nous faire flotter, nous fait sombrer. Une pierre au milieu de l'océan, un caillou à qui on fait confiance, sur qui on se repose. Sur lequel on s'oublie, en croyant rester à la surface, alors qu'en réalité, on est déjà au fond de l'eau, à caresser le sable blanc et fin, en guettant cette forme qu'est la mort. Elle apparaît comme un rayon de lumière. Une blancheur éclatante, une étoile qui nous prend la main, et qui nous entraîne. Ailleurs ... Un mirage, qui nous élève. Haut ... haut dans le ciel. On quitte ce monde, sans regrets. Et on jette un dernier coup d’œil à cette planète. Qui nous a accueilli. Qui nous a bercé, et nous a fait souffrir. A toutes ces personnes, qui sont encore vivantes. Et qui rient. Et qui pleurent. A toutes ces personnes qui nous ont déjà quitté. En souffrant. A tous ces gens, qui fêtent une naissance, à tous ceux qui pleurent une mort. Pourquoi les larmes coulent-elles sur leur visage ? La mort est une chose, dont il faut se réjouir. C'est une renaissance ... Et on s 'envole, toujours plus haut, guidé par cette étoile. Cette étoile, qui a deux face. Elle est la mort, elle est aussi la vie. Le matin elle se lève, élevant avec elle un nouveau né, une nouvelle âme. Et le soir, elle se couche, emportant avec elle quelqu'un. Car c'est ainsi que cela doit se dérouler. Pour chaque naissance, la vie demande en échange une mort. La mort avait prit Shêera. Elle avait prit Yassen. Pourtant, elle avait toujours refusé Shanaée.
    La mort prit la jeune femme par la main, et l'éleva encore plus haut, vers des contrées que seuls les morts peuvent voir. Pourtant elle n'était pas morte.

    Je ne veux pas te prendre Shanaée. Regarde cette planète, regarde ce monde. Il est beau n'est-ce pas ? A présent regarde les êtres qui le peuplent. Ils sont laids n'est-ce pas ? Et peu à peu, ils tâchent leur planète. La vie est belle Shanaée. Seulement, il est de la nature des hommes, de tout faire pour la rendre atroce. Les humains refusent le bonheur. Shanaée, tu es la fille d'un dieu. Tu n'as pas échappé à la haine, la corruption, la souffrance et les larmes. Mais tu trouveras ton chemin. Ta personnalité s'est forgée au sang et aux larmes. Ton cœur est à la vengeance. Trouves ta sœur. Elle est aussi la fille d'un dieu. Vous vous comprendrez. Vous vous aimerez. Shanaée. N'oublie pas. Ne t'arrête pas sur le passé. Plonge toi dans l'inconnu, tourne toi vers l'avenir. Tu auras le temps de pleurer, quand nous nous reverrons. Lorsque tu seras morte, tu pourras verser des larmes, sur ton passé. Mais ce n'est pas le moment.
    N'oublie pas. Vole vers ta liberté. Tu es la fille de Shêer, le dieu des ombres. Joue avec la lune, et vole grâce à la brume. La nuit est ton royaume, tu dois maintenant conquérir le jour.


    Oui. La vie est dure. Pourtant il ne faut pas s'en arrêter là. Il en faut pas gâcher les jours heureux, à ruminer sur le passé, ou sur ses souffrances. Car la vie ne dure que le temps d'un souffle. De la naissance à la mort, il ne s'écoule qu'une seconde. Il ne faut pas la passer à se renfermer. Il faut au contraire profiter d'elle, et déployer ses ailes. Puis prendre son envol. Comme un oiseau, qui plane haut dans le ciel. Libre et majestueux. La vie est une illusion, un fil de rêve, que l'on tisse devant nous, pour franchir les obstacles. Certains pensent que l'on juge les gens à la manière dont ils vivent leur vie, et d'autres par la façon dont ils la quittent ... dans tous les cas, pour Shanaée, le maître mot aura été souffrance.
    La souffrance, ressemble étrangement à la folie. Peut-être, parce que la folie est la continuité de la douleur. Ou son commencement. Dans tous les cas, c'est la même torture. Sous des formes différentes. Après la souffrance, vient la folie. Après la souffrance, vient la nostalgie. La nostalgie est sans aucun doute beaucoup plus dangereuse que la folie. C'est comme si la victime, se mettait à aimer les couteaux qui la poignardaient. Après la nostalgie, vient l'indifférence. C'est lorsque l'humain n'est plus qu'un automate. Lorsque souffrir devient une routine, à laquelle on ne prête plus attention. C'est l'ultime stade de la souffrance. Le plus dangereux.

    Dans l'océan, une lumière apparait, suivie d'une femme inconsciente. La mort dépose délicatement Shanaée sur le sable blanc, et la regarde avec douceur, un sourire peiné sur les lèvres.

    N'oublie pas Shanaée. Tu en es capable ...

    Et elle s'éloigna, comme un beau rêve, qu'au petit matin, on est incapable de se souvenir. Il est proche, on le sent ! Mais dès que l'on veut le concrétiser, sous forme de paroles ou de mots, il s'échappe. Le rêve reste un rêve, abstrait et libre. Il ne faut pas chercher à mettre des mots sur tout ce que l'on voit. Un sentiment est unique, si on l'écrit, il ne l'est plus. C'est pourquoi, je n’essaierai pas de formuler cette émotion qu'a vécu Shanaée, à son réveil. Lorsqu'elle s'est souvenu des paroles de la Mort. Non, il faut que cela reste unique. Concrétiser un sentiment c'est comme décortiquer un poème. C'est comme expliquer un rêve. La beauté ne s'entend pas. Elle ne se lit pas non plus. Non, elle se vit.


    Shanaée ferma les yeux. Les rouvrit. C'était le crépuscule. Dans le ciel orangé, les nuages avaient prit la couleur du sang, et le soleil projetait ses derniers rayons, avant de sombrer à l'horizon. C'était le plus beau moment de la journée. Le plus triste aussi. Certains disaient, que c'était lors de cette période, que les esprits des morts, revenaient sur la planète, pour communiquer avec leurs familles. C'était le seul moment de la journée, où le soleil embrasait la terre, pour permettre au flammes de toucher le ciel. La communication entre terre et ciel, entre les vivants et les morts. Entre les dieux et les humains.
    La jeune femme était assise, sur un rocher, immobile, silencieuse. Elle se trouvait au sommet, d'une immense montagne, qui dominait tout l'empire Tâl. Le paysage était magnifique, et elle pouvait même apercevoir la mer, au loin, calme et tranquille, d'un bleu intense, ou d'une couleur azur. Le vent soufflait doucement, agitant les rares arbres, qui poussaient entre les roches sèches. C'était l'aube de la guerre. La jeune femme se releva, d'un air décidé, le regard fixe. La vengeance avait sonné. Son heure allait enfin arriver. C'était le moment, qu'elle avait tant attendu. Durant plusieurs mois, elle avait mené sa quête, afin de trouver sa sœur, comme la mort le lui avait annoncé. Elle n'avait aucune indication sur elle, mise à part, qu'elle était la fille de Shêer. Elle était sans doute originaire de Khell' Anta, brune aux yeux sombres, comme toutes les filles de la nuit. La jeune femme rabattit sa capuche sur son visage, et disparu entre les immenses rochers ocres. La course contre la montre avait débuté. Devant elle s'étendait sur plusieurs kilomètres une ville que l'empire s’efforçait de cacher, aux yeux du monde. Une croute noire, dissimulée dans les montagnes hostiles, la honte et la fierté du Tâl. La honte, car c'était l'une des dernières ville esclave de Khell' Anta, mais la fierté car c'était l'unique source de richesse. Astelonic.
    Shanaée remonta sur son cheval, et d'un claquement de langue, elle le fit avancer. C'était une belle jument, à la couleur d'un ciel sans étoile par une nuit sans lune. Elle se nommait Skêeza, la manipulatrice en Khell' Antar. Skêeza poussa un hennissement strident, puis se mit au galop. Shanaée, perchée sur sa monture semblait voler. Ses longs cheveux noirs s'agitaient autour d'elle, dans un ballet obscur et dangereux. Elle sentait le vent lui fouetter le visage, et elle s'autorisa un éclat de rire triomphant, sûre de sa victoire prochaine. Au loin, un hennissement retentit dans la vallée, puis une explosion détonna. Les gardes de l'empire étaient aux trousses de la jeune assassin. Cinq chevaux se lancèrent à la poursuite de Skêeza et Shanaée, dévalant les flancs des montagnes à toute allure, dans un immense nuage de poussière orangé. Leurs sabots martelaient le sol, et chaque coup sonnait la fin de la jeune femme. Pourtant encore une fois, elle s'échapperait. Car elle n'était pas n'importe qui. Elle était Shanaée. Fondatrice de la guilde d'assassin la plus crainte de tout le système solaire. Les Darkholes. Elle était Shanaée. la fille de la nuit. Celle qui avait été adoptée par Shêer. Celle qui avait vu la mort. Celle qui avait vu les contrées interdites. Celle qui criait vengeance. Skêeza n'avait rien à craindre des autres chevaux, car elle était bien plus rapide. Et même si elle ne l'avait pas été, elle possédait d'autres atouts. Elle était la manipulatrice. Comme sa maîtresse. La jument ralentit soudainement- peinant à respirer- se laissant encercler par les gardes impériaux. Ils étaient cinq, elle était seule. Shanaée mit pied à terre, et s'avança vers le premier homme, d'un air faussement nonchalant. L'homme réagit à la vitesse d'un éclair, et évita l'attaque d'un saut sur le côté. Cependant le but de l'assassin n'avait pas été de frapper l'homme. En un bond, elle se retrouva juchée sur le cheval impérial. La jeune femme siffla, puis s'élança au galop, en direction d'Astelonic. Au passage, le cheval avait cassé le tibia du garde, ce qui permit de retenir les autres, qui préféraient rester à soutenir leur ami, plutôt que de se lancer à la poursuite d'une légende. Car elle était la Légende. Celle que tout le monde admirait, pour sa bravoure et son courage, sa fierté et sa beauté, son intelligence et même sa cruauté. Elle était Shanaée. La jeune femme galopa durant de longues heures, jusqu'à Astelonic. Là, elle s'arrêta. Devant elle, se dressaient des petites murailles, qui servaient à protéger la ville, d'une quelconque attaque. Les portes étaient majestueuses, d'or et d'argent, ce qui créait un contraste, entre la richesse extérieure et la misère intérieure. C'était la parfaite reproduction de Shanaée. Une beauté et une assurance extérieure, mais une cruauté et une haine sans limite intérieure. Le cheval impérial refusait désormais d'avancer, comme s'il pressentait, ce qui risquait de lui arriver, s'il franchissait les portes de la cité. Sans doute il serait volé, puis attelé à de lourdes charrettes, où il passerait le restant de ses jours, à tirer des kilos et des kilos d'épices et d'autres matières premières. L'assassin eut un petit sourire sans joie. Elle descendit de sa monture, puis prit la tête du cheval entre ses mains. Elle lui murmura des paroles douces à l'oreille, puis lui enleva la bride. Elle lui donna une tape sur l'arrière train, et l'animal s'élança au galop, fuyant la ville maudite. Il était libre. Il galopait à travers les plaines, le hennissant de joie. Sa crinière volait dans le vent, un vent de liberté et de solitude. Dans quelques semaines, Ataïr sera devenu un cheval sauvage, qui fuira la compagnie des hommes. Il aura retrouvé sa fierté, et il aura rejoint un troupeau. Dans quelques semaines, Ataïr redeviendra un cheval. Skêeza, était une des rares juments sauvages a accepter qu'un humain la monte. Si Shanaée avait l'autorisation de faire de Skêeza sa compagne de voyage, c'était parce qu'elle la respectait. Qu'elle ne la considérait pas comme un simple animal objet, dont on pouvait se servir comme monture. Skêeza et Shanaée étaient amies. Inséparables.
    Lorsqu'elle franchit les portes de la citées, la première chose qu'elle remarqua, ce fut la misère. C'était bien pire que tout ce qu'elle avait pu imaginer jusqu'alors. On lui avait déjà parlé d'Astelonic, la cité sombre. Des personnes lui avaient décrite cette misère d'une façon si effroyable, que la jeune femme n'en avait pas cru un mot. Et pourtant ... Il n'existait à Astelonic que deux types de personnes. Les esclaves, et les marchands d'esclaves. Elle vit des enfants qui semblaient jouer dans la boue, devant ce qui leur servait de maison. La plupart étaient orphelins, leurs parents morts au travail, par la maladie, la faim ou lors de l'accouchement. Les rues étaient infectes, et puaient la mort. Un gamin courut vers la jeune femme, et implora sa bonté et sa pitié. Il était petit, mal nourrit et crasseux. Ses cheveux étaient bruns et longs, gras et sales. Cependant, il était très beau. Il possédait deux grands yeux clairs, ce qui était très rare pour un esclave. Et il plongea ses prunelles d'émeraudes dans celles de Shanaée, qui eut un tressaillement. Elle ferma les yeux, et s'éloigna du gamin. Le pauvre enfant ne put pas la suivre, car il était enchaîné, comme un mauvais chien. Il baissa le regard, et l'assassin, du coin de l'oeil le vit s'accroupir pour pleurer. La jeune femme s'empressa de s'éloigner, avant de succomber à ce pauvre gosse. Shanaée était morte de faim, aussi, elle décida de s'arrêter quelques instant dans une taverne sombre et crasseuse. Elle poussa la porte, puis entra dans l'auberge. Une odeur désagréable lui assaillit les narines, mais elle n'y prêta pas attention. Du moment que la nourriture était revigorante et l'eau fraîche, elle ne se plaindrait pas.

    -[En khell' Antar] ~ Ma jument est à l'écurie, assurez vous à ce qu'elle ait à manger et à boire correctement ! lança-t-elle a peine entrée.

    Trois visages se tournèrent vers elle, et l'observèrent de la tête au pied, d'une façon assez perverse. C'était trois hommes. Le premier, qui devait être le patron, discutait à voix basse avec ses clients, tout en observant Shanaée.

    -Lian Savral e Lifiar [Littéralement : Je mange et je bois. Cependant, dans la traduction cela donne : Je veux manger et boire.]
    Shanaée sortit sa bourse de cuir, et versa un généreux supplément au patron, afin qu'il s'occupe réellement de Skêeza. Ensuite, elle s'assit à une table, et attendit qu'on la serve. Elle était à la place la plus reculée de la pièce. Derrière elle, se trouvait une petite fenêtre, et elle était assise de manière à se retrouver le plus en face possible de la porte, afin de guetter d’éventuels gardes ou nouveaux arrivants. On lui servit un potage bouillant et verdâtre, et elle remarqua que tout le monde avait droit au même plat. C'était des Sertillas, des légumes au goût affreusement amer, mais très nourrissants. C'était le repas de base des esclaves, cela permettait de les nourrir qu'une seule fois par jour, mais de façon à ce qu'il aient des force durant toute la journée. C'était la nourriture la moins chère de toute la planète, sachant qu'on pouvait trouver des Sertillas sauvages dans toutes les régions. Les légumes étaient lavés et écrasés, pour former une épaisse bouillie que l'on faisait chauffer ou que l'on pouvait consommer froid. Elle avait eut droit à un repas chaud, ce qui était déjà une marque de respect, de la part de patron, charmé par le généreux supplément. Une fois qu'il eut servit la jeune fille, l'homme retourna à la table des deux autres clients et il se plongea dans une discussion d'affaires. A plusieurs reprises, elle les vit se retourner vers elle, et la regarder d'un air gourmand. Elle sourit. Ah, s'ils savaient à qui ils avaient affaire, il ne se montreraient pas aussi sûrs d'eux. Le petit gros haussa la voix, et le grand maigre baissa les yeux, tandis que le patron levait les yeux au ciel. Ce dernier se leva, puis rejoint le comptoir, où il s'assit à une chaise, brancha un mudor dans ses oreilles et ne bougea plus que la tête, au rythme de la musique. De sa place, Shanaée pouvait entendre quelques notes, et elle ne tarda pas à reconnaître les Ailes du Mal, le groupe le plus à la mode en Khell' Anta. Il fallait avouer que leur musique était tout simplement sublime et dramatique. Il n'y avait pas de chant, juste des instruments, mais cela n'enlevait rien à la beauté de la composition, au contraire. Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit, et une jeune enfant pénétra dans la salle. Elle était jeune, environ sept ans, peut-être plus. Elle possédait un joli petit visage, froid et obscur, fermé. De longs cheveux noirs et ondulés encadraient son visage, et pour parfaire le tableau, de yeux aux couleurs de la nuit venaient compléter le tout. Elle avait la peau matte, et Shanaée se demanda d'où elle pouvait venir ainsi. Si elle n'avait pas eut la peau si sombre, l'assassin aurait presque pu la confondre avec un esclave, tant ses habits étaient hideux, et son allure indigne. La petite fille, aurait du être terrifiée, en entrant ainsi, dans un lieu inconnu et sombre, avec ces hommes si pervers qui la fixaient, une lueur dangereuse dans le regard. Pourtant ses yeux ne dévoilaient rien, de ses émotions. Du moins, si elle avait, des émotions. Elle s'approcha du comptoir, lança quelques Eliaz sur la table, et annonça d'une voix rauque :

    -Lian Savral [Littéralement : Je mange. Dans le contexte : Je veux manger]

    Le patron récupéra les pièces, et lui servit le même potage bouillant et infecte qu'il avait servit aux autres clients. La gamine hocha la tête, sans doute un signe de remerciement, puis alla s'installer à une table, non loin de Shanaée. Elle préféra rester debout, et l'assassin se demanda pourquoi, avant de se rendre compte que les tables empestaient. Si la jeune femme s'en moquait, apparemment cela gênait l'enfant, qui préféra user ses petits genoux. Elle semblait protéger sa nourriture, comme un animal sauvage, et encore une fois, Shanaée s'interrogea sur la fillette. Elle n'était pas banale, c'était certain, et d'une certaine manière, elle lui ressemblait un peu en plus jeune. Même manière de se tenir à l'affut, mêmes yeux sombres et impénétrables, mêmes lèvres fermées, qui ont oublié de sourire, même chevelure, longue et sombre, et même indifférence, face aux désagréments quotidiens. En quelques cuillerées, elle finit son potage, déposa le bol vide sur la table, puis s'apprêta à sortir. Un homme se leva. Shanaée se tint prête. Dans chacune de ses main, avait jaillit un poignard. A la moindre tentative envers l'enfant, elle n’hésiterait pas à les balancer entre les deux yeux de chaque personne hostile. D'une certaine manière, elle voulait protéger la fillette, car elle l'intriguait. Et dans sa tête, avait germé l'idée que cela pouvait être celle qu'elle recherchait depuis plusieurs mois. Bien évidemment, rien n'était sûr, mais les coïncidences étaient nombreuses. Elle s'autorisa à espérer. La course poursuite s'engagea.

    Hin hin, tu croyais t'échapper, hein ?

    C'était le petit gros, qui s'était dressé entre l'enfant et la porte. Shanaée fronça les sourcils, mais décida de ne pas réagir, et de voir comment la fillette s'en sortirai. C'était en fait, une sorte de "test". C'est alors que le grand maigre rejoint la partie.

    Bien, tu feras un très bon esclave. Tu ne parles très peu, et ne risque en aucun cas de faire remuer des idées chez tes collègues. Bien, bien.

    Elle ne réagit pas. Aucun émotion n'apparut sur son dur visage. En un bond, elle atterit accroupie sur une table, afin de gagner la fenêtre. La manœuvre avait été parfaite. Rapide, et efficace, la jeune fille avait joué sur l'élément de surprise. Cependant il n'y avait qu'un problème. Elle s'était trompée de sortie. Si la manœuvre avait été un succès, le choix de la destination était bien ... lamentable. Nouveau froncement de sourcil désapprobateurs, cette fois. La petite courait dans toute la pièce, enchaînant pirouette et roulades entre les tables crasseuses. C'est alors que les hommes la coincèrent.

    Tu ne vas nulle part, ma petite.

    Elle fronça les sourcils, de la même manière que le faisait Shanaée. C'était la première expression qu'elle voyait apparaître sur le visage, et l'assassin fut heureux de constater que ce n'était pas un sentiment faible, mais un fort; l'enfant fit un bond pour rejoindre la porte. Le petit gros l'en empêcha, et tandis qu'elle se débattait, les deux autres hommes lui plaquaient sur la bouche un épais foulard blanc. Au bout de quelques instant, la fillette retomba inerte sur le sol.

    Alors Shanaée se leva. Les hommes tournèrent le regard, amusés qu'une femme s'interpose entre eux et l'argent que leur rapporterait la vente de l'esclave. Les trois sales types éclatèrent de rire.

    Ils riaient encore lorsque deux poignards vinrent se figer dans leur poitrine rebondit. Ils riaient encore, lorsque le sang jaillit de leur abdomen, pour venir se répandre sur le sol. Alors leur sourire se transformèrent en grimace, lorsqu'ils reconnurent Shanaée. Le grand maigre voulut prononcer un mot, mais la seule chose qui sortit de sa bouche, fut un mince filet de sang. Il émit un gazouillis avant de s'écrouler sur le sol, les yeux convulsés. La même scène se reproduit pour les deux autres hommes. Et ce fut finit.

    Shanaée s'approcha de la gamine, et lui fit avaler des Sertillas qu'elle avait ramassé lors de son voyage à travers le Tâl.

    -Mange petite, tu vas avoir besoin de force. Un long voyage t'attend.

    L'enfant ouvrit les yeux, puis se releva. Il jeta un coup d’œil vers le corps des trois hommes, et aussitôt fit le lien. Lorsqu'il regarda l'assassin, ce fut sans aucune émotion visible, pourtant, il en faisait aucun doute qu'il la connaissait. Elle était la Légende ...


    La douleur se divise en deux parties, en deux chemins à parcourir, aussi dangereux l'un que l'autre. Il y a la nostalgie, qui mène à l'impuissance, puis à l'indifférence. Et il y a la haine, et la soif de vengeance. C'est ce chemin sombre qu'arpentait désormais Shanaée. Après la mort de Yassen, l'amour de sa vie, elle avait été sur le bord de la mort, tant la souffrance était déchirante et atroce. Puis il y avait eut la mort de Shêera, sa compagne d'âme. Personne ne pouvait comprendre le lien puissant et unique qui unissait l'assassin à sa panthère, c'est pourquoi personne n'avait comprit sa douleur. C'était comme son âme entière lui avait été arraché pour la disparition de Shêera, et son cœur pour l’absence de Yassen. Pourtant, après toutes ses souffrances, elle avait survécu, et elle était restée debout, et fière. Car pour elle, la vie continuait. Malgré la souffrance, elle avait continué. Pour Shêera. Pour Yassen. Car son unique but était désormais ...
    La vengeance.
    Et elle n'aurait de cesse, que de trouver le coupable, jusqu'à sa mort. Ce jour là, elle sera libérée de ses chaînes, et elle mourrait à son tour. Comme quelqu'un qui se repose. Après une longue journée de travail.
    La souffrance, ressemble étrangement à la folie. Peut-être parce que la folie est la continuité de la douleur, ou son début. Dans tous les cas, c'est la même sensation de torture mentale.
    Dans un monde parmi des milliers, un jeune assassin se prend d'amitié pour une gamine. La femme sait, que l'enfant et elle sont liés, par les liens sacrés du sang. Deux sœurs, qui ont perdu leur âme. Deux souffrances, qui se rejoignent et se soutiennent, pour former un mot. Un seul. Amitié. Et si cette amitié comblera le vide dans leur coeur, elle n'effacera jamais la douleur. Qui reste tapie. Et qui attend son heure pour resurgir.
    Comme la mort ... ou pire.

    [Je n'ai pas été étonnée par la qualité de ton Rp, j'avais déjà adoré ta fiche. Mais cela ne m'empêche pas de te dire qu'il est magnifique, je l'adore !]




















_________________
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Souffrance déchirante et échos lancinants
Océan de noirceur et de solitude
Incapacité de se relever pour aller de l'avant
Inquiétude

Ce qui ne peut sortir des lèvres
Agonise dans le cœur
Douleur

.•° Akeza °•.

Spoiler:
 


Dernière édition par Akeza le Lun 17 Sep - 18:16, édité 3 fois
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Identité du personnage
Prénom du personnage: Muna
Métier: xx
Caractéristiques et relations:
MessageSujet: Re: In darkness ~   Ven 29 Juin - 22:29

Méfiance & vigilence





Le soir d'avant. Muna pense.Pourquoi la vie est-elle cruelle ? Pourquoi vit-on ? Pourquoi vit-elle ? Pourquoi ? Qu'a-t-elle fait pour mériter ce sort ? Pourquoi doit-elle souffrir autant ? Sur le sol glacial, Muna regarde les étoiles. Torture. C'est ce qu'elle voit, c'est ce qu'elle pense ce soir-là. Vide. Un vide autour d'elle. Quel est son but dans la vie ? Dans sa pauvre misérable vie ? Où aller ? Que faire ? Des questions, toujours des questions. Muna se lève, impassible.
Se venger. Se venger de celui qui lui a fait ce mal. Elle en est résolue maintenant. Fronçant les sourcils, elle se rassoit avec peine. Ses jambes lui font mal, ses bras souffrent autant que sa tête. Et pourtant, une boule d'énergie sommeille en elle. La boule grossit. Elle grossit tant que Muna sent qu'elle va exploser. Elle ferme les yeux, et les plisse. Feu. Rage. Elle veut savoir, elle veut comprendre.
Muna ne comprend pas. Pourquoi elle ? Pourquoi ne comprend-elle pas ... la peur ?





L’odeur envoutante du chloroforme était comme un piège fatal. Un piège auquel on ne pouvait échapper. Muna se battait intérieurement pour résister à cette substance. Peu à peu, elle sombrait dans un sommeil profond. Puis, noir. Comme ses cheveux, comme ses yeux. Elle n’entendait rien, ne voyait rien, ne sentait rien. Elle n’était plus. Un vide se faisait autour d’elle.
Tout à coup, elle se réveilla. Ses yeux s’ouvrirent d’un coup. Non, ce n’était pas que le chloroforme était trop peu performant, ce n’était pas le bruit autour, ou bien les mouvements brusques. Ce qui la réveilla, c’était l’odeur du sang. Si proche. Que ce passait-il autour d’elle ? Elle entendit des ricanements, des coups violents, puis des cris. Sa première réaction fut, bien évidemment, de défaire le chiffon autour de sa tête. C’est alors que Muna la vit.
Shanaée. L’assassin.
Son nom faisait trembler même les plus courageux. Tout le monde la connaissait. Elle lui paraissait si jeune et pourtant si adulte à la fois. Son visage était celui d’une enfant, c’était certain. Mais il semblait avoir tant vécu, avoir tant souffert, que l’on ne pouvait attribuer ce visage qu’à un adulte.
Muna n’avait pas peur de Shanaée. Impassible, elle hocha la tête en signe de remerciement. Ce n’est alors qu’elle remarqua la scène autour d’elle. La mort elle-même semblait avoir créé ce terrible spectacle. Trois hommes gisaient, morts, dans une flaque de sang. Une odeur répugnante, infecte, s’était installée. Muna regarda Shanaée. La petit Maori lui adressa un regard sans émotion visible, sans mépris ni joie. Pourtant, au fond de son cœur, Muna éprouvait un nouveau sentiment. Elle ne l'avais jamais connu auparavant. C'était un mélange de bonheur et de soulagement. La reconnaissance. Pourtant, son visage me trahissait rien. Toujours et encore impassible. Toujours dur, peut être avec une pointe de tristesse. La tristesse de ne pouvoir ressentir. C'est étrange, quand même, de ne ressentir que très peu. Existe-t-on ? Est-on ? Muna savait ce qu'elle avait. Oh, elle savait bien qu'il lui manquait une partie de l'âme, elle l'avait deviné il y a six ans de cela. Voyez-vous, quand vous avez deux ans, et que vous fréquentez d'autres enfants, et que vous les voyez rire, pleurer, et pas vous, vous comprenez que vous êtes différent, qu'il y a un problème.
Muna savait depuis longtemps. Elle ne le comprenait pas, mais elle savait. Pour elle, c'était une injustice. Un sort maléfique. Mais son père ne lui avait jamais dit la vérité. Pensez-vous vraiment que Shêer, dieu de la nuit, va dire à sa fille la vraie version de l'histoire ? De toute façon, il ne la voit même plus. C'est si mal vu, devant les autres dieux. Muna était comme un corps qui réfléchissait méthodiquement, qui voyait, constatait, comprenait tout sauf elle-même, mais qui n'éprouvait rien. Il y avait un vide. Un grand trou qu'il fallait combler. Elle regarda Shanaée. Peut-être une amitié se formera. Peut–être comblera-t-elle se vide absolu.
Shanaée semblait sereine. Mais, ses quelques traits anxieux, son sourcil gauche et le coin de sa bouche, trahissaient ce visage impassible. Lorsque Shanaée la prit par la main pour la guider vers la porte, Muna se défit de son emprise tout de suite. Elle détestait être dans une situation soumise. Elle toisa Shanaée du regard. Celle-ci haussa les épaules et continua sa route. Muna la suivit.



Il devait être minuit. Les routes étaient silencieuses. Les lumières des lampes vacillaient. Astelonic n'était décidément pas une merveille. Maisons délabrées, ordures dans la rues, animaux sauvages et étranges errant, et odeurs des plus répugnantes ne faisaient que renforcer cette image nauséabonde de la vieille ville de Tâl. Silencieuse, Muna ne laissait paraître aucun émotion. Le vide sommeillait toujours en elle.
Elles tournèrent au coin d'une rue. Il y avait là un cheval, à l'écurie. Le "bâtiment", si l'on pouvait le qualifier de ce nom, était en ruines. Toit tombant, murs troués, mouches par milliers, et paille qui empestait le vieux crottin. La petite fille regarda Shanaée comme pour dire "C'est ici ?". Étrangement, l'assassin comprit la petit fille et acquiesça. Muna regarda devant elle et plissa les yeux. Elle aperçut une forum, au fond d'un des boxes délabrés. Elle s'approcha lentement, Shanaée la guidant. Un cheval ! Elle le regarda d'un air de mépris. La petite fille s'était toujours méfiée de ces bêtes fougueuses. Un autre sentiment qui lui était, peu connu. La méfiance. Ce n'est qu'à l'égard des chevaux qu'elle éprouvait ce sentiment. Drôle, non, qu'elle soit si ... étrangère à ces animaux pourtant fiables ? Eh bien non. C'est pourtant simple. C'était grâce cheval qu'on avait pu s'échapper après lui avoir volé tout ce qu'elle avait. C'était à cheval qu'on l'avait emmené jusqu'à Astelonic pour y être esclave. Elle ne détestait pas l'animal, non. Simplement, elle était méfiante. Devait-elle lui faire confiance ? Shanaée, de son côté, ne semblait pas remarquer la situation. Elle caressait son cheval avec un amour si profond ... La jeune Maori comprit donc que l'animal était, pour l'assassin, plus qu'une monture. C'était un ami.
Ami. Quel mot étrange. Muna n'avait pas d'ami. Elle était seule, perdue, devant se battre dans ce monde, trop grand à son goût. Pourtant, entre Shanaée et elle, se tissait un lien. Muna tourna son visage toujours impassible vers l'assassin. C'était drôle comment elle lui ressemblait tant. Toujours sans émotions visibles. Physiquement, elles étaient plutôt différenes. Shanaée était si jolie.
Muna grimpa sur l'animal, toute petite qu'elle était. Étrangement, le cheval ne semblait pas être à l'aise avec Muna sur le dos. Il hennissait, et remuait. Shanaée monta. Le cheval se calma, et partit au galop dans les rues d'Astelonic. Muna ferma les yeux.



Ce n'était pas la peur qui lui fit faire cet acte. Ce n'était pas la fatigue, non plus. Non, c'était ce sentiment de liberté. Comme si plus rien ne pouvait l'empêcher de réaliser ce qu'elle voulait. Comme si tout était un rêve. Le vent faisait flottait ses cheveux noirs. Les odeurs puantes autour n'étaient que mirages. Rien ne pouvaient les arrêter.

Muna ouvrit les yeux lorsque la bête s'arrêta. Il fallait trouver quelques vivres. Devant elle se tenait une immense usine à épices. La bâtisse était rouillée, mais tenait debout. Les vitres, pour la plupart, étaient brisées. Muna regarda Shanaée, comme pour la questionner, en haussant un sourcil. Celle-ci en la remarqua pas, et Muna descendit de cheval.



[Fiche faite par Azusa sur World of Codes. Merci à toi !]

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